Vous cherchez une image, vous tapez un mot-clé sur Google, vous faites « clic droit → enregistrer sous ». Simple, rapide… et juridiquement risqué. Cette pratique peut entraîner des réclamations de plusieurs centaines — voire plusieurs milliers — d'euros par image.

C'est sans doute l'erreur la plus répandue chez les créateurs de sites, blogueurs, commerçants en ligne et associations. En apparence anodine, cette pratique peut pourtant déclencher des réclamations financières sérieuses. Voici pourquoi.
Il est essentiel de comprendre une chose fondamentale : Google n'héberge pas les photos, il les indexe. C'est un moteur de recherche, pas une plateforme de mise à disposition libre de droits.
Les images affichées peuvent provenir de banques d'images payantes, de sites d' agences de presse, de photographes professionnels, de médias ou de blogs privés. Le fait qu'une image soit visible sur Google ne signifie en aucun cas qu'elle est gratuite, libre de droits ou dans le domaine public.
Chaque photographie est protégée automatiquement par le droit d'auteur dès sa création, dès lors qu'elle présente un minimum d'originalité. Il n'y a pas besoin de symbole © pour que la protection existe.
« Trouvable sur Google » ne veut jamais dire « libre d'utilisation ». Cette confusion est aujourd'hui l'une des principales sources de contentieux en ligne.
Le droit d'auteur, en France comme à l'international, est strict. Toute reproduction ou représentation d'une œuvre protégée nécessite l'autorisation préalable de son auteur. Sans cette autorisation, vous vous exposez à plusieurs conséquences.
Des sociétés spécialisées comme Copytrack, PicRights ou Rights Control utilisent des outils de reconnaissance d'images pour détecter les usages non autorisés. Vous pouvez recevoir un email formel, une lettre recommandée ou une demande de règlement amiable.
Les montants demandés varient généralement entre 300 € et 3 000 € par image, et davantage selon la taille de l'image, la durée d'utilisation, le trafic de votre site et le caractère commercial de votre activité. Ces montants sont souvent supérieurs au prix réel d'une licence classique.
Si la situation dégénère, ajoutez les frais d'avocat, les frais de procédure, les dommages et intérêts, le temps et l'énergie consacrés à la défense. Une affaire qui aurait pu coûter 10 € de licence peut rapidement devenir un dossier à plusieurs milliers d'euros.
Parce que l'erreur semble « logique ». L'image apparaît librement, aucun avertissement n'est visible, aucun paiement n'est demandé au téléchargement, le filigrane est parfois absent. Le web donne une illusion de gratuité.
Mais juridiquement, l'absence de barrière technique ne signifie pas absence de protection. La responsabilité de vérifier les droits incombe toujours à l'utilisateur.
Heureusement, il existe des solutions simples et sécurisées.
Utiliser correctement le filtre Google. Dans Google Images, cliquez sur « Outils », puis « Droits d'usage », et sélectionnez « Licences Creative Commons ». Attention toutefois : certaines licences exigent la mention de l'auteur, interdisent l'usage commercial ou imposent le partage sous les mêmes conditions. Lisez toujours les termes exacts.
Utiliser des banques d'images gratuites fiables. Des plateformes reconnues comme Unsplash, Pexels ou Pixabay proposent des images sous licence large. Mais prudence : vérifiez chaque fiche image, conservez une capture d'écran de la licence au moment du téléchargement, et archivez la preuve. Les conditions peuvent évoluer.
Utiliser des banques d'images payantes. Pour quelques euros par image, des plateformes comme Adobe Stock, Shutterstock ou iStock offrent une licence claire, une facture et une sécurité juridique. C'est un investissement dérisoire comparé au risque financier d'une réclamation.
Si vous avez déjà utilisé Google Images par le passé, il est prudent d'effectuer un audit interne. Passez en revue toutes les images de votre site, vérifiez vos anciens articles de blog, contrôlez vos visuels sur les réseaux sociaux, examinez les images utilisées dans vos newsletters.
Pour chaque image, posez-vous cette question : ai-je une preuve de licence ou d'autorisation ? Si la réponse est non, remplacez immédiatement l'image, supprimez-la si nécessaire, et conservez les nouvelles preuves. Mieux vaut agir avant qu'un robot de détection ne le fasse pour vous.
Chaque année, des milliers de petites entreprises reçoivent une réclamation pour une image téléchargée « innocemment ». Le problème n'est pas la mauvaise foi — c'est la méconnaissance des règles. Le droit d'auteur est automatique, et il n'y a pas besoin de symbole © pour que la protection existe.
Utiliser Google Images comme une banque gratuite est une pratique risquée. Ce qui semble anodin peut coûter plusieurs centaines d'euros, du temps, du stress, et parfois une procédure judiciaire.
La solution : changer ses habitudes, utiliser des sources fiables, conserver les preuves, et auditer régulièrement ses contenus. En matière de droit d'auteur, la prévention coûte toujours moins cher que la défense. Sur Internet, la prudence n'est pas un luxe — c'est une protection.
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