Recevoir un email de Copytrack peut être déstabilisant. Le message est formel, le montant parfois élevé, et la procédure semble déjà bien engagée. La réponse est simple : il faut analyser avant d'agir.

Beaucoup de professionnels — dirigeants de PME, e-commerçants, blogueurs — se demandent immédiatement : dois-je payer ? Suis-je réellement en tort ? Est-ce légal ?
Copytrack n'est pas une arnaque. C'est une société allemande spécialisée dans la détection d'images utilisées sans autorisation. Mais cela ne signifie pas que toutes leurs réclamations sont fondées ni que les montants demandés sont justifiés.
Voici comment comprendre leur fonctionnement et construire une défense efficace.
Copytrack propose aux photographes — professionnels comme indépendants — un service de surveillance automatisée des images sur Internet. Grâce à un algorithme de reconnaissance d'images particulièrement performant, leur robot compare des millions de pages web, identifie des correspondances visuelles et détecte les usages non autorisés.
Lorsqu'une correspondance est trouvée, vous recevez une notification, un « Claim » est ouvert sur leur plateforme, et un montant est exigé au titre d'une « licence rétroactive ».
Contrairement à des acteurs comme PicRights, qui représentent surtout de grandes agences de presse, Copytrack travaille aussi avec de nombreux photographes indépendants. Résultat : le volume de réclamations est considérable.
Le modèle repose sur un principe simple : automatiser massivement la détection et inciter au paiement rapide, souvent par crainte d'un contentieux international. Mais automatisation ne signifie pas infaillibilité.
L'automatisation génère des erreurs. Et ces erreurs peuvent avoir des conséquences financières importantes. Voici les cas les plus fréquents rencontrés en pratique.
Images libres de droits. Il arrive que l'image soit distribuée sous licence Creative Commons, qu'elle provienne d'une banque d'images gratuite, ou que vous disposiez d'une licence valide. Le robot ne distingue pas toujours correctement les différentes licences en circulation. Or, si vous avez une licence valable, la réclamation est contestable.
Absence d'originalité. En droit d'auteur, une image doit être originale pour être protégée. Certaines photos très simples — un packshot standardisé, une photo technique d'un produit, une image purement descriptive — peuvent ne pas remplir les critères d'originalité exigés par la jurisprudence. Sans originalité, pas de protection. Sans protection, pas d'indemnisation.
Montants disproportionnés. Copytrack applique ses propres barèmes internes, souvent présentés comme des « frais de licence a posteriori ». Problème : ces montants peuvent être largement supérieurs aux tarifs réels du marché, au prix de la licence initiale, ou au préjudice réellement subi. En droit français comme en droit européen, l'indemnisation doit correspondre au préjudice réel, et non à une pénalité automatique.
Un modèle proche des « copyright trolls ». Certaines pratiques de Copytrack s'apparentent à celles des copyright trolls : envois en série, pression psychologique, délais courts, menace implicite de procédure internationale. Leur stratégie repose en partie sur le fait que beaucoup préfèrent payer plutôt que contester. Or, contester est un droit.
Face à une réclamation, la méthode est essentielle.
Analyser le « Claim » d'abord. Connectez-vous au portail Copytrack pour consulter l'image incriminée, la date supposée d'utilisation et le montant demandé. N'acceptez aucune licence rétroactive à ce stade — l'analyse ne vaut pas reconnaissance de responsabilité.
Rechercher la source originale ensuite. Utilisez des outils comme Google Lens ou TinEye pour vérifier si l'image est disponible gratuitement ailleurs, si elle est distribuée sous une licence permissive, ou si elle apparaît sur plusieurs banques d'images. Conservez toutes les preuves.
Vérifier la titularité des droits. Copytrack doit démontrer que le photographe détient réellement les droits, qu'il les a mandatés pour agir, que l'image est bien protégée, et que votre usage correspond exactement à leur détection. La charge de la preuve leur appartient.
Contester formellement si nécessaire. Si la réclamation est infondée ou disproportionnée, rédigez une réponse argumentée, joignez vos preuves, demandez la justification détaillée du montant. Un ton mesuré, juridique et structuré est toujours préférable.
Admettons que vous ayez effectivement utilisé une image protégée sans autorisation. Cela ne signifie pas que vous devez accepter le montant demandé.
Commencez par retirer immédiatement l'image. Cela démontre votre bonne foi et limite l'aggravation du préjudice.
Ensuite, proposez une résolution amiable raisonnable, basée sur le prix normal du marché, le tarif de la banque d'images d'origine, et l'usage réel — durée, taille, audience. Dans la pratique, les montants finaux obtenus après négociation sont souvent bien inférieurs aux demandes initiales.
Demandez les barèmes officiels : tarifs publics du photographe, justificatifs de valorisation, preuve du mandat. Sans ces éléments, la réclamation peut être affaiblie.
Face à Copytrack, vous faites face à une structure spécialisée, rompue à ce type de contentieux transfrontalier. Un avocat spécialisé en propriété intellectuelle peut analyser la légitimité juridique du dossier, vérifier la preuve des droits, identifier les failles procédurales, rédiger une contestation solide et négocier une réduction significative — voire, dans certains cas, obtenir l'abandon du dossier.
L'intervention d'un avocat change le rapport de force.
C'est précisément l'approche proposée par Bouclier Tilium : un avocat dédié analyse votre dossier, rédige la réponse, gère les relances et négocie le montant. Vous cessez les échanges directs, nous prenons le relais. L'objectif est simple : sécuriser votre situation juridique et réduire la pression.
Une réclamation Copytrack n'est ni une condamnation automatique ni une obligation de paiement immédiat. Oui, le droit d'auteur est sérieux. Mais toute demande doit être juridiquement fondée, proportionnée et prouvée.
La clé est simple : agir rapidement, calmement, et stratégiquement. Si vous êtes concerné, le plus important n'est pas de payer vite — mais de répondre intelligemment.
Ne payez pas sans vérifier. Notre diagnostic gratuit vous dit si leur réclamation est légitime et défendable.
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