Vous venez de recevoir une lettre intimidante de PicRights Europe GmbH vous réclamant des centaines, voire des milliers d'euros. Est-ce une arnaque ? Faut-il payer immédiatement ou ignorer cette lettre ? Nous décryptons leurs méthodes et la stratégie de défense à adopter.

Pour comprendre à qui vous avez affaire, il faut d'abord dissiper un mythe : non, PicRights n'est pas une arnaque au sens pénal du terme (ce n'est pas un pirate informatique caché à l'étranger qui tente de voler vos coordonnées bancaires).
PicRights est une société bien réelle, enregistrée en Suisse et opérant dans toute l'Europe, spécialisée dans la "résolution des litiges de droits d'auteur". Ils agissent en tant que mandataires pour de grandes agences de presse et banques d'images mondiales, telles que :
L'entreprise utilise des logiciels de reconnaissance visuelle (crawlers automatisés) qui scannent le web 24h/24 et 7j/7. Lorsqu'une de leurs images protégées est repérée sur votre site web (blog, boutique e-commerce, vitrine d'artisan), le robot génère automatiquement une capture d'écran, identifie l'hébergeur, trouve vos coordonnées, et édite une mise en demeure standardisée.
Bien que légale sur le principe, cette méthode d'extorsion massive et automatisée est souvent qualifiée par les juristes de "Copyright Trolling". L'objectif est de faire peur pour obtenir un paiement rapide, sans nécessairement que le préjudice soit proportionnel à la somme demandée.
C'est la question centrale. La réponse courte est : Ne payez jamais la somme demandée dans le premier courrier sans avoir fait évaluer le dossier par un professionnel.
La lettre vous incite fortement à vous connecter sur resolvefr.picrights.com pour régler la facture. Cependant, en droit français, le fait de payer (même une partie) ou de chercher à s'excuser par écrit constitue souvent une reconnaissance implicite de l'infraction. Une fois que vous avez cliqué et payé, vous acceptez leurs conditions tarifaires, qui sont la plupart du temps exorbitantes.
L'article L122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle protège effectivement les auteurs. Si vous avez pris une photo sur Google Images sans vérifier la licence, vous êtes techniquement en tort.
Cependant, PicRights applique ses propres barèmes punitifs internes. Ils facturent souvent :
Devant un juge français, l'indemnisation est calculée sur le manque à gagner réel du photographe. Dans 90% des dossiers que nous traitons, la somme légalement justifiable est 3 à 5 fois inférieure à celle réclamée par l'agence.
Sur de nombreux forums, des internautes conseillent de "faire le mort" en espérant que PicRights abandonne. C'est une stratégie de la roulette russe.
Si vous ignorez leurs emails et courriers recommandés, le dossier va suivre un parcours d'escalade :
Ignorer le problème n'est donc pas la solution la plus sûre pour la pérennité de votre entreprise.
Si le courrier est sur votre bureau, voici la procédure stricte à suivre :
Supprimez la photo de l'article, mais pensez également à la supprimer définitivement du serveur (la "bibliothèque de médias" sur WordPress par exemple). L'URL directe de l'image ne doit plus fonctionner. C'est la première preuve de votre bonne foi.
Ni par téléphone, ni par email. Ne fournissez aucune information sur le trafic de votre site web, ne cherchez pas à justifier que "c'est le stagiaire qui a fait l'erreur" ou que "l'image était libre de droits sur Pinterest". Le silence est votre meilleur bouclier à ce stade.
PicRights traite des milliers de dossiers par jour. Leur seul point d'arrêt, c'est lorsqu'un avocat inscrit au Barreau prend la parole à votre place. L'avocat va analyser les failles de leur demande (Ont-ils le mandat exclusif ? La photo a-t-elle une vraie valeur d'originalité ?) et opposer une fin de non-recevoir ou négocier une transaction finale dérisoire par rapport au montant initial.
Non, rassurez-vous. Bien que la contrefaçon soit un délit pénal en théorie, les agences comme PicRights agissent sur le plan civil. Leur seul objectif est financier : obtenir des dommages et intérêts. Vous ne risquez pas de peine de prison, mais une amende financière.
Oui. "Trouvé sur Google Images" n'est pas une licence d'utilisation. Par défaut, toute image sur internet appartient à son auteur. C'est à vous de prouver que vous aviez l'autorisation (licence payée sur Shutterstock, image libre de droit sur Unsplash, etc.) pour la publier.
En France, le délai de prescription pour l'action en contrefaçon est de 5 ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître le dernier fait de contrefaçon. Leurs robots scannent en permanence, et il n'est pas rare de recevoir une facture pour un vieil article de blog publié en 2018.
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